La mort tragique de Jean Gabin et de son épouse, une vie tragique qui fait pleurer.

Bourvil, leur partenaire dans des films qui, ils l’ignoraient, allaient rester dans l’Histoire, résister à l’usure du temps grâce à la magie que leur réunion avait rendus inoxydables.

En effet, un demi-siècle plus tard, La grande Vadrouille, La cuisine au beurre, La traversée de Paris, Le Corniaud figurent parmi les rares de cette époque à, non seulement être encore diffusés en prime time sur les grandes chaînes, mais de plus à toujours réaliser des jolis scores d’audience.

Nous avons beau savoir que Bourvil a été une immense vedette durant plusieurs décennies, nous avons aujourd’hui tendance à attribuer à Louis de Funès, le seul mérite des records historiques d’entrées enregistrés par La Grande Vadrouille et Le Corniaud. Pourtant, aucune de ses autres associations que ce soit avec Coluche ou Yves Montand ne viendra concurrencer de près ou de loin le palmarès des films qu’il tourna avec Bourvil.

Peut-être cela tient-il à l’humilité du personnage pourtant très aimé qui a en effet joué dans une myriade de classiques vus par des millions de spectateurs comme L’arbre de Noël, Le capitan, Les grandes gueules, Les Misérables, Le chanteur de Mexico ou encore Le Cerveau ?

Bourvil 50 ans

Peut-être est-ce dû aux premiers succès de sa carrière dans les années 40 dans le monde de l’opérette, de la chanson et de l’humour. Souvenez-vous ainsi dans Les crayons, de ce chanteur qui s’arrête de nombreuses fois pour y aller de ses commentaires naïfs et amusants. Bourvil, incarne alors dans ses chansons le Français moyen de province : pas simplet, mais gentil et naïf. Tellement qu’il en est drôle. Il ne nous en étonnera que plus dans Le cercle rouge de Melville en commissaire de police sévère, traquant Alain Delon jusqu’au bout ?

Bourvil 50 ans

Comme Louis de Funès et Fernandel, Bourvil était un homme de théâtre et de Music-Hall, je ne vous apprendrai rien en vous disant que la diffusion de sa pièce La bonne planque captée au Vaudeville à Bruxelles donnera à un célèbre producteur de la télévision française l’idée de l’émission Au théâtre ce soir. Mais c’est dans les cinquante-six films qu’il interprète, attirant plus de 200 millions de spectateurs, que Bourvil laissera sa marque, dominant les années 50 et 60. Tellement qu’il sera du casting de l’incroyable super production Le jour le plus long, offrant avec Sean Connery les seuls moments souriants de cette épopée terrible.

Mort prématurément à l’âge de 53 ans, quelques mois avant de reprendre les tournages avec Louis de Funès et Gérard Oury, Bourvil a manqué au cinéma des années 70 où sa façon de jouer juste, du tragique au burlesque, aurait fait des merveilles aux côtés d’un Gérard Depardieu. Et Dieu sait quels duos il aurait encore pu nous offrir avec des Jean-Paul Belmondo, Patrick Dewaere ou Coluche.

Cinquante années nous séparent aujourd’hui de la disparition de Bourvil. Cela peut paraître une éternité mais quand nos enfants regardent La Grande Vadrouille ou Le Corniaud, je ne sais pas vous mais moi, je dirais que c’est encore aujourd’hui.

Quelques films marquants dans la carrière de Bourvil qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie : Garou-Garou, le passe-muraille de Jean Boyer (1952), Le Trou normand de Jean Boyer (1952) avec Brigitte Bardot, Les Trois Mousquetaires d’André Hunebelle (1953), Si Versailles m’était conté… de Sacha Guitry (1954), Cadet Rousselle d’André Hunebelle (1954) avec François Périer, La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara (1956) avec Jean Gabin et Louis de Funès, Le Chanteur de Mexico de Richard Pottier (1956) avec Luis Mariano et Annie Cordy, Les Misérables de Jean-Paul Le Chanois (1958) avec Jean Gabin, La Jument verte de Claude Autant-Lara (1959) avec Francis Blanche et Yves Robert, Le Bossu et Le Capitan, d’André Hunebelle (1960) avec Jean Marais, Fortunat d’Alex Joffé (1960) avec Michèle Morgan, Le Jour le plus long de Ken Annakin (1962) avec John Wayne et Henry Fonda, Un drôle de paroissien de Jean-Pierre Mocky (1963) avec Francis Blanche et Jean Poiret, La Cuisine au beurre de Gilles Grangier (1963) avec Fernandel, Le Corniaud de Gérard Oury (1965) avec Louis de Funès, Les Grandes Gueules de Robert Enrico (1965) avec Lino Ventura, La Grande Vadrouille de Gérard Oury (1966) avec Louis de Funès, Les Cracks d’Alex Joffé (1968) avec Robert Hirsch, Le Cerveau de Gérard Oury (1969) avec Jean-Paul Belmondo et David Niven, L’Arbre de Noël de Terence Young (1969) avec William Holden, Le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville (1970) avec Alain Dlon, Yves Montand et François Périer, Le Mur de l’Atlantique de Marcel Camus (1970) avec Jean Poiret et Sophie Desmarets.

 

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